AI-JE EMBRASSE NIETZSCHE
SUR LE MONTE SACRO ?
Extraits des Correspondances entre
Friedrich Nietzsche, Paul Rée et Lou Andreas Salomé et
de Ma vie (esquisse de quelques souvenirs de Lou),
choisis et adaptés par Frank Horvat.
Créé dans son atelier photographique
à Boulogne (92) en octobre 2009.
Pour voir et écouter des extraits audio du spectacle, allez dans la rubrique
"LES VIDEOS".
Un homme plongé dans sa lecture...
Il cherche à savoir...
Savoir ce qu'a pu vivre Friedrich Nietzsche
avant qu'il n'écrive
ce monument qu'est Zarathustra.
Alors, entre Lou Andreas Salomé.
Nous sommes en 1882, année où la trinité
s'est construite puis éclatée tout aussi vite
Echanges bouillonnants
entre Paul Ree, Friedrich Nietzsche
et Lou Andreas Salomé,
Quêtes communes de trois écrivains,
Trois fortes personnalités
mues par la nécessité de chercher
toujours plus loin,
Vertige de l'abîme.
Ce qui les a menés à cette rencontre...
Les passions intellectuelles qui les ont animés,
extrême lucidité créatrice...
Un projet de vie commune impossible...
Les malentendus, les rêves blessés...
Pour un éclatement inévitable.
Une parcelle de vie, riche et intense,
terreau générateur pour chacun d'entre eux.
L'homme referme son livre.

Note d'intention...
L'idée de départ était de mettre en lumière la personnalité étonnante de Lou Andreas Salomé.
Femme libérée, femme fatale ou sainte-nitouche ? Nous sommes en 1882.
Lou, 19 ans, fille d’un général russe, aime passionnément Gillot, pasteur protestant. Quand celui-ci la demande en mariage, elle rompt. Six mois plus tard, à Rome, elle choque ses hôtes en se promenant au clair de lune, après minuit, avec le jeune philosophe Paul Rée. Mais le scandale est pire quand elle propose à Rée et à son ami Friedrich Nietzsche, un ménage à trois, à la fois libre, ouvert et irrévocablement chaste, qu’elle appelle sa « trinité ».
Nous nous sommes naturellement attachés à cette période pour sa richesse : d'une part, les illustrations écrites ne manquent pas (alors que Lou a fait détruire la quasi-totalité de ses correspondances), et d'autre part, en ce jeune âge, elle impose déjà sa vision déterminée, sans concession, et elle va mener ces deux hommes à la suivre dans cette aventure.Rée en sortira meurtri, Nietzsche frôlera la folie, mais parviendra à la sublimer dans son chef d’œuvre Zarathustra. Lou poursuivra sa carrière d’égérie, en ajoutant à son palmarès Rainer Maria Rilke, Sigmund Freud et une ou deux douzaines d’autres célébrités de son temps. Pour l’épisode de la « trinité », de nombreux témoignages existent et permettent de reconstruire, presque au jour le jour, les sommets et les abîmes, les dits et les non-dits, les vérités et les mensonges de cette aventure à la fois si proche et si lointaine de notre univers.
Nous avons voulu aussi éclairer la détermination que Lou impose :
Cette situation universelle portée par cette femme : le courage d'être et de vivre ses desseins, planter sa liberté de femme intellectuelle comme une évidence. Ce choix de vie encore délicat de nos jours l'était d'autant plus à la fin du XIX°s.
Nous avons pris le parti d'intégrer un personnage extérieur : le lecteur (interprété par Frank Horvat). Il est le fil conducteur de ce spectacle.
Il est assis dans un grand fauteuil aux abords de la scène, plongé dans la lecture de Zarathustra de F. Nietzsche. Quelques phrases à voix haute, en allemand, en français. Il lève la tête, s'interroge… Il a trouvé ce qu'il cherchait: " Que s'est-il passé dans la vie de F. Nietzsche juste avant qu'il n'écrive ce mythique Zarathustra ? Quel est ce puissant déclencheur ?"
Il commence alors à projeter au mur les dates et les noms des personnages qui vont maintenant intervenir, par le biais de leur correspondance :
Lou (interprétée par Hélène Busnel), personnage central et pivot de ce spectacle, entourée des autres protagonistes (tous interprétés par François Hatt). Maniant à la fois la danse, le chant mais surtout le théâtre, nous jouons sur le fil ténu de l'interprétation vivante. Il y a les mots, la musique (notamment un poème de Lou mis en musique par F. Nietzsche, mais aussi les musiques de Wagner, ami-ennemi du philosophe), et le geste dansé, ou le moyen de transposer le contour des mots en expression charnelle. Par le support de cette correspondance, nous avons pu dessiner cette tranche de vie, dans laquelle trois personnages hors du commun vont se frotter intellectuellement, se mesurer à leur propre soif de savoir...
Hélène Busnel, Frank Horvat.

Extrait de "Ma vie"
autobiographie de Lou Andreas Salomé
Il se produisit à Rome quelque chose qui apporta de l'eau à notre moulin : ce fut l'arrivée de Friedrich Nietzsche : Malwida et Rée lui avaient écrit, et il arriva à l'improviste de Messine. Et ce qui était encore plus inattendu, fut que, à peine informé de notre projet, il se proposa comme troisième membre de notre alliance. Je me souviens de son air solennel le jour de notre première rencontre, qui eut lieu dans l'église de Saint-Pierre. Paul Rée, assis sur un prie-dieu bien orienté vers la lumière, était plongé dans ses notes. Les premiers mots de Nietzsche, que l'on avait envoyé nous rejoindre, furent : "De quelles étoiles sommes-nous tombés pour nous rencontrer?"
Mais ce qui avait si bien commencé prit une tournure qui nous plongea, Rée et moi, dans un nouveau souci, car le troisième arrivant compliqua imprévisiblement le "projet". Certes, il croyait plutôt simplifier la situation, en demandant à Rée d'être son intercesseur pour me demander en mariage. Très ennuyés, nous cherchâmes d'arranger les choses, en lui expliquant que j'éprouvais pour le mariage une aversion profonde.

Distribution...
Sur scène :
Lou Andreas Salomé
Hélène Busnel
Friedrich Nietzsche, Paul Rée,
Elisabeth Nietzsche
François Hatt
Le lecteur
Frank Horvat
Avec l'oeil complice de
Roberte Léger et Brigitte Mougin
Création lumière et projections
Jean-Louis Laforêt
Costumes
Franck Retournard
Musiques
Richard Wagner
Friedrich Nietzsche
Petits résumés de vies...
Hélène BUSNEL
Après une formation de danse classique et contemporaine, Hélène BUSNEL se dirige aussi vers le théâtre et le chant. Ce qui l'amène naturellement à des créations mêlant l'ensemble de ces disciplines :La cie de danse théâtre Roberte LEGER avec laquelle elle débute sur scène et continue encore de travailler (dont une création en 1999 avec la cie nationale de danse de Quito/Equateur).Puis, elle est à l’origine de la cie de théâtre brut OZ THEATERLAND (danse, théâtre et plasticien...) et participe à toutes ses créations jusqu’à ce jour.Un petit tour par le théâtre absurde de la cie 4 LITRES 12, ou encore le ZEREP.Elle fait alors débarquer le chant dans son répertoire en montant un cabaret spectacle qui prend les traits des HARPIES (2000-05), trois chanteuses-comédiennes et un pianiste.Depuis 1990, elle participe en tant que modèle à de nombreuses expositions et recherches photographiques avec d’illustres photographes tels que Frank HORVAT, Fernand MICHAUD, William ROPP ou Jean-François BAURET…Quelques interprétations aussi au cinéma : court métrages (réalisés par J.L. LAFORÊT, F. RAMM, L. MARMOL…), et long métrages (« Prospero’s books » de Peter GREENAWAY sur une chorégraphie de Karine SAPORTA, « Madame Bovary » de Claude CHABROL).… et réalise des pièces sculptées dans la pierre ou en céramique.En 2005, elle s'installe à Ault en Baie de Somme et monte PETIT CASINO D’AILLEURS…, structure qui lui permet à la fois la création vivante (théâtre, danse ou chant), et la création plastique en ouvrant le lieu à des expositions régulières.
François HATT
a appris les bases de son métier au Cours Simon de 1998 à 2001, puis les a enrichies, que ce soit au studio Pygmalion ou par le travail sur le corps, le masque et le clown, au sein de la compagnie Umbral, transmis par Victor Quezada sur la base de l’enseignement de son maître, Marcos Malavia. Il travaille depuis six ans comme comédien et assistant metteur en scène dans plusieurs compagnies. Ses choix théâtraux se font donc à la fois à l’intérieur d’Umbral, son « port d’attache » artistique, et vers d’autres projets, telle la pièce En Vers et contre Tous, d’Amine Kaci, dont il a joué le rôle principal pendant plus de deux ans au théâtre du Petit-Gymnase, de 2006 à 2008. D’autres rencontres lui ont permis d’aller à la rencontre de dramaturgies contemporaines qu’il ne connaissait pas : le théâtre russe, en 2005, avec Ivan Viripaev (Oxygène, au théâtre du Hublot, à Colombes, mise en scène par Jivili Montvilaite), le théâtre tchèque, en 2007, avec Petr Zelenka (Histoires de la Folie Ordinaire, à la MC93, mise en scène par Katia Hala). Au sein d’Umbral, il est notamment présent dans Petit Boulot pour Vieux Clown (mise en scène Victor Quezada-Perez), de Matei Visniec, qu’il a jouée plus de 130 fois jusqu’à présent. Il joue également dans différentes séries télévisées et a tourné dans une quinzaine de courts-métrages. Il se consacre régulièrement à des lectures publiques ou radiophoniques de pièces et de romans, ainsi qu’à des interventions en clown de rue. Ai-je embrassé Nietzsche sur le Monte-Sacro ? est sa première collaboration avec Hélène Busnel et Frank Horvat.
Frank HORVAT
Né en 1928, Frank HORVAT est connu principalement comme photographe (notamment pour ses photos de mode entre 1955 et 1990, sa série de portraits "Vraies Semblances", inspirée de la peinture, son travail de pionnier dans la photographie numérique, son Journal Photographique "1999", et sa rétrospective de 2006-07 : "Le Labyrinthe HORVAT"). On connaît également ses interviews de grands photographes ("Entre-Vues", publié en 1988 par Nathan).En dehors de ses activités professionnelles, HORVAT s'est toujours intéressé à l'histoire, à la littérature allemande, à la psychanalyse et au théâtre. Ce sont ces intérêts qui motivent sa participation à ce projet.
Jean-Louis LAFORET
Après une formation classique de chef-opérateur à l’école « Louis Lumière », puis avoir été assistant sur long métrage, directeur photo sur film court en pellicule argentique, Jean-Louis LAFORÊT est attiré très vite par la vidéo pour sa rapidité d’exécution et de création.Amoureux du cinéma de fiction, mais surtout passionné par le documentaire qui assouvit sa curiosité, il est amené à travailler sur tous les types d’imageries... fiction, docu, docu-fiction, émission de plateau, émission en direct, clip, pub, direct sur internet, animation, image pour le spectacle, installation vidéo... et cela dans les grandes cités de la planète jusqu'au confins du désert, témoin des conflits armés, de la mondialisation mais aussi de la vie spirituelle et intérieure des monastères.Et puis, il crée aussi des lumières pour le spectacle vivant principalement avec la compagnie OZ THEATERLAND ou la chanteuse brésilienne Mônica PASSOS. Jean-Louis LAFORÊT passe à la réalisation sur des projets personnels, auto produits. Un premier moyen métrage de fiction "Sous un coin de ciel bleu" (45 minutes) en 2002, puis un court métrage d'animation, "A pas perdu" (6 minutes) et enfin quelques clips musicaux. Actuellement il travaille à un projet de long métrage, une comédie musicale, dont le décor naturel sera la baie de Somme.
Si vous êtes intéressé par ce spectacle :

Petit casino d'ailleurs...
81 bis rue de saint Valéry - 80460 AULT
petitcasinodailleurs@wanadoo.fr
Tél. : 03 22 60 49 75
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